MOA Privée

Le projet « Écaille de dragon » est une surélévation d’un appartement en copropriété, situé dans une ZAC à Montreuil. L’intervention vient requalifier un immeuble des années 1990, en lui apportant une écriture architecturale contemporaine, visible depuis l’espace public.

Pour dessiner le niveau en surélévation, nous devions répondre à une contrainte de grande portée. Nous avons élaboré, en collaboration avec le bureau d’études structure, une ossature hybride bois/métal adaptée à la situation. Cette structure permet à la fois légèreté, performance et finesse.

Souhaitant redonner du caractère à cet immeuble à l’écriture générique, nous avons introduit des formes courbes qui viennent entrer en tension avec la volumétrie existante. Ces courbes sont visibles depuis la rue, notamment grâce à une charpente aux bords arrondis. Les formes organiques, fréquentes dans la nature, nous ont guidées dans une démarche de biomimétisme. C’est ainsi que l’idée de recouvrir la toiture de zinc en forme d’écailles est née.

Avec l’entreprise VM-Zinc, leader de la zinguerie en France, nous avons développé un prototype d’écaille. Les dimensions des éléments ont été définies selon la largeur des lés de machine, afin de rester dans une logique économique et rationnelle de production. Pour rompre avec la régularité d’un module répétitif, chaque écaille présente un sens de laminage différent. Cela permet de jouer avec l’irisation de la lumière, créant une matière vibrante, à l’aspect de « peau de serpent ». Enfin, la pose des écailles sur chantier a été volontairement aléatoire, pour casser toute monotonie.

Les fenêtres oblongues ont été dessinées sur mesure. À l’intérieur, les courbes se prolongent : escalier, bibliothèque, cloisonnements — chaque élément a été dessiné sur mesure pour épouser les formes du projet. Aucun objet n’est issu du catalogue standard. Il a fallu convaincre les entreprises de s’engager dans cette aventure, tant le projet sort des cadres habituels de fabrication.

La pièce de vie s’ouvre sur une grande terrasse, qui a donné lieu à une collaboration avec un paysagiste. Cet espace a été pensé comme un support de biodiversité. L’étude des essences locales, notamment celles issues de la forêt de Fontainebleau, a guidé la conception paysagère.